L'actu en alexandrins

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(Enluminures: Heures d'étienne chevalier, fouquet, bnf,st bernard, XVe)

 

"L'actu en poème" est une nouvelle rubrique destinée à saisir et critiquer l'actualité nationale et internationale sous forme de strophes versifiées en alexandrins. Le ton est volontairement médiéval et mystérieux pour laisser libre cours aux interprétations. Ces poèmes sont enregistrés au copyright.

 

 

Reconnaissante enfin, la patrie pour ses maures,

au souvenir sanglant, admet sa lourde faute.

« Vous, petits-fils et fils des supplétifs du lys,

recueillez le pardon pour vos ancêtres morts ».

Un demi-siècle après, on trouve sur la côte,

le prix de l’abandon, un bien vain sacrifice.

(La reconnaissance des Harkis)

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Frère et sœur de loge, unis femme à son mari

président la nation de la terre argentée.

Justice au peuple enfin, le pays refleuri.

Moins de misère et dette, au dépend des dentés.

Aux voisins, main tendue, au Grand aigle le doigt

Les puissants les déchoient, ainsi font ce que doit.

(Les époux Kirchner)

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Un tyran préside l’archipel de Philippe.

Le peuple le nomme amusé le punisseur.

Combattant le crime sans le poids des principes,

il insulte l’aigle et bouscule les censeurs.

Il est surtout brutal, sans candeur et sans tête,

mais se croit Pisistrate, un nouvel aisymnètes.

(Le président phillipin Duarte)

 

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Ordre et progrès, c’était une belle utopie,

avant cette rigueur, la triste thérapie.

La dauphine du Louis, trouve les coffres vides

et les poches pleines, de la noblesse avide.

Pauvre brebis, nommée galeuse par frère aigle

renversée par ses serfs, pour être trop espiègle[1].

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La Norique, engoncée, dans sa muraille alpine,

comme la Pannonie, construit des murs d’épines.

La couronne du Christ, fait place au vert de gris.

La couleur se répand dans l’urne et dans les cris

Mais l’Europe azurée, repousse l’ordre noir

par le vert artifice, inondant l’isoloir[2].

 

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Marchant le jour, à pied, contre les exploiteurs,

ils deviennent debout, la nuit, des orateurs.

Ne plus vivre à genoux, le poing haut dans le ciel,

ils conspuent le labeur, comme vil potentiel

La vielle chouette, assise, attend qu’ils se fatiguent.

Demain, ils ramperont, sous le fouet de la ligue[3].

 

[1] Chute de Dilma Roussef

[2] Election en Autriche, 2016.

[3] Nuit debout

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Ils promettent l’Eden aux réfugiés de guerre,

ces marchands de l’espoir,  ces trafiquants de chair.

Charon faisait passer les défunts en enfer.

Sur la Mare Nostrum, ce jour, on laisse faire

Il suffit d’un enfant, posé mort par la mer,

pour que l’œil complice verse la larme amère[1].

 

[1] Les réfugiés du Moyen-Orient

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Père de l’île au lion, il en obtint le pouvoir.

A coup de réformes, l’a fit entrer dans l’Histoire

Mais ceux qui n’entendent les mots du Mandarin,

devait toujours pâtir de son bâton d’airain.

A sa mort, sa tribu, garde l’or de son sceptre ;

Et le peuple soumis, rompt hommage à son spectre

 

Mort de Lee Kuan Yew, Premier ministre de Singapour.

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Un cornac, un germain, un dérangé du scalp,

se fait choir dans sa nef dans la cime des Alpes.

Il se fait immoler ; que cache la folie :

Pourquoi voyager en mauvaise compagnie ?

Partir, dit l’adage, c’est trépasser un peu

Ceux-là voyageront sans retour jusqu’aux cieux

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Frère du triangle à la mâchoire carrée,

devient le grand seigneur de maison dite ronde.

Entouré de laquais, dans son palais doré,

en station stoïque, il émet mauvaises ondes.

Quand il réduit les coûts, c’est le silence aux postes.

Qui fait la sourde oreille, écope de riposte[2].

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L’internationale de la boule au damier,

Accepte de vendre au petit prince des sables

Le droit d’organiser, de belles olympiades,

La simonie reste ici le droit coutumier

Pour peu que l’on ne nomme un ou des responsables.

Carton rouge au patron, mais point de jérémiade[3].

 
 

[2] Grève à Radio France

[3] Scandale FIFA/ Qatar.


 

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Serviteur des lieux saints, dixième fils du père,

chef de la garde noire, il fut roi du désert.

Par le fer ou l’or noir, il fit fermer les bouches

A Rome, à Washington, il salua les mouches.

Réformateur un jour, conservateur toujours

aux appels libéraux, à jamais reste sourd[1].

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Clé du Nouveau Monde et Rempart des Caraïbes,

de la révolution, ne lui reste que bribes.

Alors l’empereur noir, défait le nœud coulant,

pour que l’ours russe quitte déçu ses flancs.

Quand la cible étranglée, ne peut crier sa grâce,

il faut mieux la nourrir, pour qu’elle soit sagace[2].

 

[1] Vie et mort du roi Abdallah d’Arabie Saoudite

[2] Les Etats-Unis mettent fin au blocus à Cuba

Le libelle incisif, décoche ses traits noirs,

esquissés par l’humour contre les étendards.

Un jour que les bouffons s’esclaffent aux éclats,

deux sicaires, font feu, se proclamant d’Allah

La plume est à la chouette et la griffe aux couards

Séparant la cité, des royaumes barbares.

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Il fallait un barrage en pays Languedoc,

 Mais les oiseaux d’augure hurlent « non » de leur bec.

Le prévôt fait charger les défenseurs en loques

Saccager la nature ou vivre libre à sec…

… soit ; la vague dérive et soudain c’est le choc.

Tous pleurent l’innocent et le lac aux obsèques[1].

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Le patron de l’or noir, dans sa nef blanche ailée,

vole vers la Russie, pour exploiter sa terre.

Dans la brume, il se pose, et percute, aveuglé,

le coche du passeur, l’envoyant en enfer.

Son carburant le brûle… ; épitaphe à deux sens :

L’existence, pour lui, précède son essence[2].

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Haute voltige en Haute-Volta, c’est souvent,

qu’un président clamé, déchoit celui d’avant.

Le roi, par son compas, transperce l’opposant.

Mais son peuple accablé, souffle le vent nouveau.

Même dans la contrée, des hommes dits intègres,

l’Histoire est écrite par l’encre de vinaigre[3].

 

 

[1] Barrage de Sivens et mort de Remy Fraisse.

[2] Mort de Christophe de Margerie.

[3] Chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso

 

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Le premier ministre d’actuelle Grande Hollande,

envoie l’armée contre  les islamiques bandes.

Il n’aime que sa presse agisse en sycophante,

quand elle révèle aux serfs que son argent finance,

les chères études, de sa fille l’infante

C’est Borgia que ce moine, accablé de démence[1].

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Oncle Sam commande à ses neveux atlantiques,

d’aller marcher contre les nuées fanatiques.

Il est las d’esquiver les jets de brodequins,

renâclant de poser sur le terrain ses bottes.

Les deux pieds dans le plat, c’est bon pour les coquins.

Il faut toujours savoir sortir la tête haute[2].

 

 

[1] Le Premier ministre australien Abott et le scandale de sa fille boursière.

[2] "No boot on the ground".

 

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Pauvre Afrique aux malheurs, perpétuelle abonnée.

Une nouvelle peste émerge des ailleurs.

La « ville libérée », s’enferme entre les murs.

L’Etat des affranchis, fait la chasse aux damnées.

L’indépendance pour le pire que meilleur.

Le maître empoisonneur les tient jusqu’en Guinée[1].

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La bouche d’une reine insulte un président.

Elle dit qu’il moque son peuple de sans dents.

La répudiée livre des rumeurs aux oreilles

Ventres vides moqués, tirent langue vermeille

Mais boivent les premiers, la ciguë sur papier,

pendant qu’ils louent au roi, toujours, leurs mains, leurs pieds[2].

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Des enfers, émerge un monstre dévoreur d’âmes.

Il tue les fidèles, de ce pays de Cham.

Du sang noir de terre, il invente un califat,

lève une armée de sots, d’esclaves et de fats.

Les aigles qui la frappe, augmente sa puissance,

car du tréfonds au ciel, sont mêmes convergences[3].

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L’éminence grise au service des lombards,

Garçon doré la nuit, golem d’argent le jour,

Du lys et de son coffre, obtient toutes les clés.

Il méprise les serfs, pour lui pauvres barbares,

leur compte chaque miche, entre les petits fours.

Jeune Harpagon le sait, leur ceinture est bouclée[4].

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Au bord de la mer de Chine est port aux parfums,

Le charme du dragon à mâchoire du lion.

Les ventres sont remplis mais les têtes ont faim

de liberté, sous l’ombrelle, comme l’Albion.

Pour les démocraties, l’on peut certes produire,

A condition d’en jouir sans en souffrir du cuir[5].

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Ami de l’empereur rouge au crane à stigmates,

Il devient un boyard, et son fin diplomate.

Après le long dégel, revenu au pays,

le colchidien fut roi sur les bords de l’Euxin.

Misère et trahison, puis de son peuple haï

n’est plus qu’un corps, traîné sous les cris du buccin[6].

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L’Italie se choisit un bouillant Césarion,

un florentin de sol, hélas aussi de vices.

Il promeut au pouvoir, jeunes et jolies femmes,

et ballait aux faisceaux, de Palerme à Bergame,

donnant à la plèbe, l’or des coûteux comices

Mais le sein de la louve abreuve encor les lions[7].

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Dans l’orage magnétique, un nuage est né ;

Une manne en suinte pour tous les abonnés.

Des mains prennent, donnent, partagent des données.

Cette unique pensée, demain sera l’inné.

Secrets évaporés, au dépend des bernés.

C’est un rêve en fumée pour les pauvres damnés[8].

 

[1] Ebola.

[2] Trierweiler

[3] Daesh.

[4] Emmanuel Macron

[5] Révolte estudiantine à Hong Kong.

[6] Vie et mort d’Edouard Chevarnadze.

[7] Mattéo Renzi Premier ministre d’Italie.

[8] Le Cloud computing

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